"Un autre commerce est possible"

 Pour François Bayrou, si des quartiers perdent leurs commerces, si les centrales d'achat dictent leur loi, ce n'est pas une fatalité : c'est le résultat d'une politique qui ne regarde que les intérêts financiers à court terme, et ignore les besoins durables des producteurs et des consommateurs.

 " Il faut soutenir les commerces de proximité, la création ou le maintien d'entreprises dans les centres-villes. Dans beaucoup de quartiers, c’est les uns d’un côté et les autres de l’autre, la ségrégation, les commerces ont disparu. En France, par rapport à d'autres pays, on a laissé se défaire le tissu urbain. Si nous avions eu dans les décennies passées une autre politique de l’urbanisme commercial, le monde ne serait pas ce qu’il est.

 Il faut améliorer les conditions de travail dans la grande distribution, en particulier pour les femmes qui doivent assumer plusieurs vies à la fois. Les contrats de travail doivent être équilibrés pour protéger les salariés - une piste serait d'avoir une durée plancher pour les contrats de travail à temps partiel. Il faut favoriser la création des crèches proches des lieux de travail (les grandes surfaces sont souvent loin des centres villes) - sans être liées à l’entreprise, pour éviter que les femmes ne soient corvéables à merci.

Je suis pour qu’il y ait un jour - le dimanche - où la consommation et l’argent ne soient pas rois. Si on généralise l’ouverture des magasins le dimanche, ce sont toujours les mêmes personnes, les plus fragiles et les plus pauvres, qui ne verront plus leurs enfants le week-end - car je sais que le "volontariat" dont on nous parle sera en fait un volontariat contraint ! Et la loi permet déjà d’ouvrir cinq dimanches par an.

Les centrales d'achat sont hyper-puissantes, forment un oligopole, elles imposent leurs conditions et écrasent les fournisseurs de produits agricoles, de produits frais. Il faut permettre aux producteurs de s'organiser en face des centrales d'achat, et pour cela modifier les règles européennes. En Martinique, en deux années, l’organisation des producteurs a permis de passer le prix de vente réel, avant intervention, de quelque 235 € la tonne à plus de 430 € !

 Le commerce équitable est une des réponses les plus intéressantes qu'on ait trouvées ces dernières années. Il repose sur l'organisation des producteurs, et sur une distribution qui intègre les nécessités du développement, qui prend en compte les problèmes concrets des producteurs. Cela rend possible une garantie des prix, de la qualité, de la commercialisation. Cela montre qu'un autre commerce est possible, une conception de l'économie qui intègre autre chose que les intérêts financiers à court terme. »

François Bayrou travaille depuis de nombreuses années sur les questions d’environnement avec des associations, des ONG, des experts, des membres du comité réuni autour de Nicolas Hulot. Quelques jours après le lancement par celui-ci du Pacte écologique, François Bayrou lui a répondu « de citoyen à citoyen » : cette « démarche civique » se rapproche de sa volonté de rassemblement au-delà des clivages idéologiques.

 

 

« Le réchauffement climatique place tous les pays de la planète devant une responsabilité inédite, pour préserver l’avenir de l’espèce humaine. Nous ne trouverons une réponse à ce défi que par le rassemblement des énergies qui se sont jusqu’ici opposées de manière stérile, par la conversion de la vie politique française à une démarche de rassemblement. »

François Bayrou retrouve les dix objectifs énoncés par Nicolas Hulot dans bon nombre de ses propositions :

« Réduire le flux de matières premières, ce qui est possible sans porter atteinte à notre niveau de vie ; planifier sur deux décennies le renchérissement des carburants afin de permettre aux différents acteurs de s’adapter ;
protéger la biodiversité par une politique participative ; rendre à la ville un espace équilibré, où familles et activités économiques puissent cohabiter sans gaspiller l’espace et les carburants ; développer les biocarburants et les énergies renouvelables – prenons l’exemple de l’Allemagne : le diesel vert y coûte 30 % moins cher que le diesel pétrole. Pour la recherche, j’ai proposé que tous les partis s’accordent pour augmentant le budget de 5 % par an, sur dix ans ; l’écologie doit être au centre d’une politique de recherche. Face aux maladies qui apparaissent et qui sont le résultat de l’activité humaine, je suis favorable à la création d’une autorité nationale chargée de l’alerte.

Je soutiens les cinq propositions de Nicolas Hulot.


J’approuve son idée de création d’un poste de vice-premier ministre. Pour des raisons constitutionnelles, j’emploie plutôt l’expression "ministre n°2 du gouvernement". Il ne s’agit pas d’un ministre de l’écologie – conception de Nicolas Sarkozy ou Laurent Fabius – mais d’une autorité en charge du long terme, qui pensera chacune des décisions du gouvernement en termes d’impact sur l’avenir. Il concentrera les services chargés jadis de la planification, et sera doté d’une autorité réelle sur l’équipe ministérielle et les représentants de l’Etat.

Je suis favorable à l’instauration d’une taxe carbone, ainsi qu’à la réorientation des
subventions agricoles. Ces deux décisions doivent être envisagées et promues à l’échelon européen. Les revenus de la taxe carbone permettront de réduire les charges sociales qui pèsent sur le travail.

Une
démocratie participative est le seul moyen de mettre en place une démarche politique fondatrice en matière d’écologie. Pour que les choses bougent, tous les Français doivent se sentir concernés.

Enfin, la mise en place d’une éducation à l’écologie fait partie de l’
éducation civique. »

 

 

« Faire la guerre aux déficits et à la dette, investir dans l'avenir »

 

François Bayrou veut simplifier et stabiliser la fiscalité, locale et nationale, dans une perspective de développement durable. Il s’agit à la fois d’assainir les finances publiques, et d’encourager l’innovation et la recherche, l’esprit d’entreprise et l’emploi.« Je propose un principe de stabilité fiscale, afin que les particuliers comme les entreprises puisse penser leur avenir dans le long terme.  Second principe, la simplification, pour que la fiscalité devienne enfin lisible. La multiplication des niches et des dérogations, la survivance d’impôts archaïques — de certains impôts locaux notamment — rend notre fiscalité illisible, complexe et injuste.  La monnaie commune européenne appelle une harmonisation fiscale et sociale : je souhaite une harmonisation de l'impôt sur les sociétés, qui est une source de dumping fiscal. La TVA, elle, devrait rester de compétence nationale car elle ne fausse pas la concurrence entre pays.  L'impôt sur la fortune tel qu'il est conçu a fait beaucoup de dégâts. Une nation qui accepte l’exil de ses citoyens les plus riches, accepte de s’appauvrir. Je suis partisan d’une imposition sur le patrimoine à base large, sans aucune niche défiscalisée, sans exemptions, mais à taux léger : un prélèvement de seulement 1 pour 1000 sur les patrimoines au-dessus de 750 000 euros, rapporterait 3 milliards, à peu près l’équivalent de l’ISF aujourd’hui !  Une réforme de la fiscalité locale est d’autant plus nécessaire que 75 % des investissements civils sont pris en charge par les collectivités. La décentralisation ne signifie pas que l’Etat se désengage : les transferts de compétence doivent être entièrement compensés par l’Etat.  Je m’engage pour une fiscalité écologique, menée- c’est le plus souhaitable - en concertation avec nos partenaires européens. La seule manière d’obtenir un changement complet de comportement à l’égard de l’environnement, c’est que cela coûte plus cher de polluer que de ne pas polluer. Une ‘fiscalité carbone’ permettra de planifier, sur le long terme, une régulation des prix des énergies fossiles. Et ce sera l’un des moyens d’alléger les charges sociales qui pèsent sur le travail.  Et je veux qu’on étudie (au moins pour en avoir le cœur net !) l’idée d’une contribution "Tobin" sociale : le prélèvement direct d’une fraction extrêmement faible, un millième ou une fraction de millième, des sommes qui circulent dans les échanges bancaires.  En tout état de cause, tant qu’une dette aussi lourde pèsera sur les générations futures, je veux donner la priorité à la réduction du déficit public plutôt qu’à la baisse des impôts. »

 

 

 

 

 

« L’ennemi public numéro 1, c’est la solitude. »

 

François Bayrou s’engage à instaurer un plan pour les petites retraites, et propose de renforcer l'aide et l’accompagnement aux personnes âgées grâce au service civique et à l’activité universelle. C'est un chemin vers un nouveau modèle de société, où chacun trouve sa place. Ainsi qu'il l'a écrit dans son livre "Projet d'Espoir", paru aux Editions Plon.

 

 

« Nous avons laissé se construire une société impitoyable où le lot des plus âgés, des moins fortunés, est la solitude. Des centaines de milliers de nos compatriotes, peut-être des millions, ne rencontrent plus personne, puisque les commerces ont disparu, puisqu’on ne trouve plus le personnel infirmier nécessaire pour les soins à domicile.

 

 

Maisons de retraite, services d’urgences, aide à domicile et services infirmiers à domicile, allocations d’autonomie des personnes âgées, ces vrais besoins des personnes âgées sont immenses. La France a du retard. Il faut que la solidarité soit autre chose qu’un mot, que l’action soit immédiate.

 

 

La mise en place d’un service civil de six mois pour tous les jeunes contribuerait à répondre à la solitude des personnes âgées. Avec le principe d’activité universelle, les titulaires du RMI exerceront une activité utile à la société, par exemple en aidant les personnes âgées, en les accompagnant, en faisant leurs courses.

 

 

La durée de la vie humaine augmente à un rythme que l’humanité n’a jamais connu, ni même rêvé. Avec les joies et les difficultés qui vont avec. Comment organiser la vie pour tant de millions de personnes âgées, et que cette vie soit autonome, libre, créatrice, et non pas une survie ? Comment l’organiser dans le logement, dans la famille, dans le soutien physique et moral, dans les rapports sociaux ? Comment gérer la vie des parents quand les enfants eux-mêmes seront devenus retraités, et parfois âgés ? Comment échapper à la solitude ?

 

 

Le gouvernement aura à engager une réflexion de fond, en faisant s’exprimer les personnes âgées elles-mêmes, sur un ensemble de décisions pour la coexistence harmonieuse des générations. A penser la vie des personnes âgées qui accepteront de se regrouper, ou de partager un peu de leur temps avec de plus jeunes. Echange de services : vous pouvez m’assister, je peux garder des enfants. Echange de vie, de centres d’intérêt.

 

 

Comme chaque fois que l’humanité découvre des problèmes nouveaux, sa vraie ressource est dans le regroupement, dans les coudes qui se serrent, les générations qui se tendent la main. Un nouveau secours mutuel, et un nouvel urbanisme, où les appartements de familles, les appartements communautaires puissent se trouver sur le même palier ou à proximité d’appartements plus petits pour personne seule, ou pour ménage âgé. Services sociaux et médicaux à proximité. Soutien par des personnes disponibles. Un nouvel âge, une nouvelle société .

 

 

Enfin je propose un plan pour les petites retraites, fixant 90 % du SMIC comme niveau de la retraite la plus basse. Un retraité seul ne peut pas s’en sortir aujourd’hui. Je pense aux retraités agricoles, qui sont dans des conditions souvent scandaleuses. Je pense aux femmes, qui n'ont souvent pas pu compléter toutes les retraites de leur vie professionnelle parce qu'elles ont élevé des enfants…»

 

 

 

Université

 

« Porter l'investissement par étudiant au niveau de celui des pays performants de l’OCDE. »

 

Pour améliorer les chances de réussite des étudiants, François Bayrou avait instauré le semestre d'orientation à l'entrée de l'université. Il reste beaucoup à faire pour rendre les études supérieures plus heureuses et plus fructueuses - et cela demande un investissement nouveau.« Je veux défendre le modèle universitaire français. S’il n’est pas question de toucher au statut national des diplômes, la question du degré d’autonomie des universités est posée, en particulier pour les budgets de recherche. Par ailleurs, la gouvernance des universités est à revoir, en démocratisant son fonctionnement et en promouvant les fonctions d’encadrement. Il faut également poser la question de la relation entre l’université et les grandes écoles, avec pour objectif de marier les qualités des unes et les qualités de l’autre.

 

Aujourd’hui, quelque 40 % des élèves échouent en première année à l’université, car la rupture est trop brutale entre le lycée et l’enseignement supérieur. Je propose de faire de la terminale une propédeutique - une préparation à l’enseignement supérieur - ce qui va de pair avec le semestre d’orientation à l’entrée de l’université.

 

L’université a besoin de tuteurs, de répétiteurs, de moniteurs, d’interlocuteurs des étudiants débutants, de bibliothécaires aussi, toute une gamme de soutiens qui rendraient l’université accueillante, en échange de bourses convenables qui changeraient la vie de beaucoup d’étudiants, et celle de leur famille. Il s’agit d’un changement en profondeur de la qualité de vie sur les campus : au lieu d’un lieu de grande solitude, il s’agit d’en faire un lieu coopératif.

 

Et cela ne se fera pas sans un pacte d’investissement sur l’enseignement supérieur, signé de manière responsable, trans-partisane, sur dix ans, et qui porte l’investissement par étudiant au niveau de la moyenne des pays performants de l’OCDE : ce qui signifie un objectif de doublement en dix ans. »

 

 

Les Personnes âgées

 

« L’ennemi public numéro 1, c’est la solitude. » François Bayrou s’engage à instaurer un plan pour les petites retraites, et propose de renforcer l'aide et l’accompagnement aux personnes âgées grâce au service civique et à l’activité universelle. C'est un chemin vers un nouveau modèle de société, où chacun trouve sa place. Ainsi qu'il l'a écrit dans son livre "Projet d'Espoir", paru aux Editions Plon.

« Nous avons laissé se construire une société impitoyable où le lot des plus âgés, des moins fortunés, est la solitude. Des centaines de milliers de nos compatriotes, peut-être des millions, ne rencontrent plus personne, puisque les commerces ont disparu, puisqu’on ne trouve plus le personnel infirmier nécessaire pour les soins à domicile.

 

Maisons de retraite, services d’urgences, aide à domicile et services infirmiers à domicile, allocations d’autonomie des personnes âgées, ces vrais besoins des personnes âgées sont immenses. La France a du retard. Il faut que la solidarité soit autre chose qu’un mot, que l’action soit immédiate.

 

La mise en place d’un service civil de six mois pour tous les jeunes contribuerait à répondre à la solitude des personnes âgées. Avec le principe d’activité universelle, les titulaires du RMI exerceront une activité utile à la société, par exemple en aidant les personnes âgées, en les accompagnant, en faisant leurs courses.

 

La durée de la vie humaine augmente à un rythme que l’humanité n’a jamais connu, ni même rêvé. Avec les joies et les difficultés qui vont avec. Comment organiser la vie pour tant de millions de personnes âgées, et que cette vie soit autonome, libre, créatrice, et non pas une survie ? Comment l’organiser dans le logement, dans la famille, dans le soutien physique et moral, dans les rapports sociaux ? Comment gérer la vie des parents quand les enfants eux-mêmes seront devenus retraités, et parfois âgés ? Comment échapper à la solitude ?

 

Le gouvernement aura à engager une réflexion de fond, en faisant s’exprimer les personnes âgées elles-mêmes, sur un ensemble de décisions pour la coexistence harmonieuse des générations. A penser la vie des personnes âgées qui accepteront de se regrouper, ou de partager un peu de leur temps avec de plus jeunes. Echange de services : vous pouvez m’assister, je peux garder des enfants. Echange de vie, de centres d’intérêt.

 

Comme chaque fois que l’humanité découvre des problèmes nouveaux, sa vraie ressource est dans le regroupement, dans les coudes qui se serrent, les générations qui se tendent la main. Un nouveau secours mutuel, et un nouvel urbanisme, où les appartements de familles, les appartements communautaires puissent se trouver sur le même palier ou à proximité d’appartements plus petits pour personne seule, ou pour ménage âgé. Services sociaux et médicaux à proximité. Soutien par des personnes disponibles. Un nouvel âge, une nouvelle société.

 

Enfin je propose un plan pour les petites retraites, fixant 90 % du SMIC comme niveau de la retraite la plus basse. Un retraité seul ne peut pas s’en sortir aujourd’hui. Je pense aux retraités agricoles, qui sont dans des conditions souvent scandaleuses. Je pense aux femmes, qui n'ont souvent pas pu compléter toutes les retraites de leur vie professionnelle parce qu'elles ont élevé des enfants…»

 

Dette et déficits « Faire payer nos dépenses par nos enfants est irresponsable et criminel. » Guerre aux déficits et à la dette, pour pouvoir investir dans l'avenir, dans la connaissance, dans un développement durable : c’est la stratégie de François Bayrou.« Le général de Gaulle, Pompidou, Giscard, Barre, n'avaient pas laissé de dettes aux Français : la dette de la France était en 1981 plus faible que celle d’aucun autre grand pays développé. Depuis 25 ans, les gouvernements successifs ont accumulé les dettes. C’est une forme d'irresponsabilité politique. 

Tous les jours, l'État dépense 20% de plus que ce qui rentre dans ses caisses ; on a dépassé mille milliards d'euros de dette ; c’est insupportable. Il faut que nous diminuions ce déficit de près de moitié les trois premières années - donc de 20 milliards par an - pour stabiliser durablement la dette.  Et selon l’association qui fait le compte des promesses des partis politiques, les candidats UMP et PS en sont chacun à plusieurs dizaines de milliards d’euros de dépenses publiques supplémentaires ! Nous, nous avons choisi un autre chemin.  Il faut inscrire dans la Constitution l’interdiction pour un gouvernement de présenter un budget en déficitde fonctionnement. En clair, l’Etat ne pourrait plus emprunter pour ses dépenses de fonctionnement - ce principe s’applique déjà pour les collectivités locales. On doit exiger de l’administration un effort de productivité de 2 % par an pendant six à huit ans - c’est ce que font toutes les entreprises françaises. Cela entrera dans un plan décennal de réduction de la dette publique.  Il faut faire ces économies, baisser la dépense publique, avant de prétendre baisser les impôts ou multiplier les avantages fiscaux. Il y a cinq ans, on nous promettait de baisser les impôts de 30%, j'avais dit : ‘promesse mirobolante’. Et on l'a vérifié : d'abord, on n'est pas à 30% ; ensuite les prélèvements obligatoires ont augmenté de plus d’un point du produit national !  Je veux réhabiliter un principe de bon sens : l'équilibre des finances. Que l'Etat soit géré comme un ménage normal, en équilibrant ses dépenses et ses recettes.  Avoir un Etat plus économe, c’est aussi la condition de plus de justice sociale. »

 

Impôt de solidarité sur la fortune

 

« Je suis partisan d’une imposition sur le patrimoine à base large, mais à taux léger. »

 

L’ISF actuel a un taux parmi les plus élevés du monde – jusqu’à 1,8 % —, qui encourage les patrimoines à s’investir hors de France, et pourtant, à force de défiscalisations, il rapporte peu ! François Bayrou propose une réforme complète de l’imposition du patrimoine.

 

« L’ISF, tout le monde fuit cette question!  Je n’ai pas l’intention de l’éluder ! J’ai combattu les baisses d’impôt indues, et je considère que la solidarité est la condition de notre survie comme nation ; mais une nation qui accepte l’exil de ses citoyens les plus riches, accepte de s’appauvrir : l’argent qui aurait été réinvesti dans la société française, dans la création d’emplois, dans le commerce, cet argent va s’investir chez nos voisins.  Pire encore : les plus riches, en multipliant les décisions ciblées sur la défiscalisation, y échappent aisément. Ceux qui l’assument « plein pot », ce sont les classes moyennes supérieures, frappées par l’explosion de l’immobilier, puisqu’on n’a pas eu le courage de faire bouger les seuils suivant le coût du logement.  Je suis partisan d’une imposition sur le patrimoine à base large, à partir de 750 000 euros, sans plus aucune niche défiscalisée ni exemptions, mais à taux léger. Nous avons fait le calcul avec Charles de Courson : le patrimoine des Français au-dessus de 750 000 € par ménage dépasse les 3 000 milliards d’euros. Un prélèvement de 1 pour 1000, facile à assumer par tous, rapporterait 3 milliards par an, c’est-à-dire l’équivalent de l’ISF aujourd’hui.  Et nous y gagnerions énormément en impôt sur la consommation, en investissement, en création d’entreprises. »

 

« Toute entreprise aura le droit de créer deux emplois nouveaux sans charges pendant cinq ans. »

 

 

« Je veux inciter à créer plusieurs centaines de milliers d’emplois dans les entreprises françaises en quelques mois, pour sortir notre pays de la dépression du chômage. A qui s’adresse cette mesure, à  toute entreprise quel que soit son secteur d’activité, et quelle que soit sa taille. ( Sur 2,7 millions d’entreprises en France, 1,5 millions n’ont aucun salarié, 1 million ont entre 1 et 9 salariés ). Ce sera deux emplois nouveaux, on prendra le nombre d’emplois dans l’entreprise au 1er juin et la mesure s’appliquera à deux emplois qui viendront en supplément de ce chiffre : si l’entreprise a 5 salariés au premier juin, la mesure s’appliquera au 6éme et 7 éme emplois lorsqu’ils seront créés, si elle n’en a aucun, au premier et deuxième. Pas de charge sauf 10 % destinés à améliorer le financement des retraites, pendant cinq ans. De quels emplois s’agit il ? Tous les emplois sans exception, en CDI avec une période d’essai, avec un plafonnement pour éviter les abus ( 5 000 euros par exemple ) Cela favorise évidement les premiers emplois pour étudiants diplômés, et les emplois pour plus de cinquante ans, les uns et les autres étant souvent considérés comme coûtant trop cher à l’entreprise. C’est une mesure compréhensible par tous, et on vérifiera en quelques mois, selon ses résultats, si oui ou non la question des charges pesant sur le travail est déterminante pour la création d’emplois. »

 

 

« Au cœur de ma vision économique, il y a l’entreprise : la reconnaissance de l’esprit d’entreprise et de l’entrepreneur. »

 

 

Le point faible de l’économie française c’est le manque de considération pour l’entreprise, alors que c’est elle qui fait la santé, la richesse, l’emploi d’un pays. On doit  faire de la France un pays pro entreprise. Il faut  d’abord une stabilité juridique de fiscale : l’entreprise doit pourvoir penser son avenir dans le long terme. Cela passe notamment par un long temps de réflexion publique, au moins trois mois, entre le dépôt d’un projet de loi et son adoption ; et par l’obligation d’une discussion préalable avec les partenaires sociaux. Il faut créer un environnement amical pour l’entreprise, y compris fiscal, particulièrement pour le PME. Tout contrôle devrait être précédé d’un conseil, d’un avis, comme on ferait pour un ami, au lieu de sacrifier à la culture d’inquisition et de suspicion. Je m’engage sur une mesure active de protection de la petite et moyenne entreprise : un « small business act » à la française : simplification, protection, accès aux marchés publics. Simplification des contraintes administratives, fiscales,  du droit et des procédures sociales. Protection des entreprises qui viennent de se créer : protection (exemption dégressive des premiers exercices bénéficiaires ), protection active de la trésorerie de ces entreprises ( garantie de l’équité des délais de paiement) . Et réserver en Europe, comme les États-Unis le font depuis 50 ans, un part des marchés publics aux PME– par exemple 20 %  du volume total des grands marchés et la totalité des marchés inférieur à 50 000 euros. Pour encourager l’installation des chercheurs en France, je propose d’exempter d’impôt les revenus des brevets déposés par des chercheurs français ou résidents en France. J’engagerais l’élaboration d’un plan décennal pour la recherche. Quand à l’éducation, il faut que la formation professionnelle spécialisée s’articule avec des formations académiques diverses, littéraires, scientifiques, juridiques, techniques, artistiques… ainsi, des métiers de l’entreprise pourront accueillir des formations différentes. Dans cette formation, l’esprit d’entreprise doit avoir sa place, au plus jeune âge.

 

 

« L’immigration choisie est un leurre, un concept vide de contenu. L’immigration « choisie » s’ajoute à l’immigration subie et ne la remplace pas. »

 Dans un pays qui compte quatre millions de chômeurs, pourquoi aller chercher de la main-d’œuvre à l’extérieur ? Il faut une politique nationale d’immigration articulée en deux volets : maîtrise de l’immigration clandestine et main tendue à ceux qui peuvent et veulent s’intégrer. En premier lieu, la maîtrise de l’immigration clandestine, en métropole et peut être  plus encore en outre-mer. Il faut lutter résolument contre les filières de passeurs et les trafics d’êtres humains. Les immigrés, pour l’immense majorité d’entre eux, n’arrivent pas seul. Ils paient, pour venir, très cher. Il faut très durement réprimer le travail clandestin. Les immigrés clandestins ne restent que s’ils peuvent travailler. Le travail clandestin est la condition de l’immigration clandestine. Chacun sait qu’en réalité il est peu réprimé. La politique d’immigration doit être une politique européenne : il faut une politique concertée de circulation, de visas, d’accompagnement des immigrés. Si un immigré n’est pas admis, il doit être reconduit le plus vite possible, avant que ne se créent des liens familiaux. Si il est admis, il faut l’inciter à s’intégrer à la société française, par un programme d’intégration portant sur la langue française et nos valeurs. L’assiduité à un tel programme serait une condition de régularisation. Les immigrés arrivés clandestinement sur notre territoire ne seraient être régularisé que sur des critères clairement définis : contrat de travail, maîtrise de notre langue et de nos valeurs, connaissance de notre mode de vie. La cause principale de l’immigration, aujourd’hui comme il y a des siècles, c’est la misère : une politique de co-développement avec les pays d’origine permettra  de donner à leurs habitants la chance de réussir dans leur propre pays, notamment en impliquant les diasporas. Les pays européens pourraient permettre aux médecins, ingénieurs, techniciens de faire l’aller retour entre leur pays d’origine et pays où ils ont été formes. Il faut un ministre chargé de l’immigration, regroupant sous son autorité les administrations différentes en charges de ces problèmes, assurant le suivi des populations que sont sur notre territoire, intervenant dans les accords de co- développement.

 

 

 

 

«On doit simplifier le labyrinthe des collectivités locales pour obtenir l’efficacité »

Il faut simplifier l’empilement et l’enchevêtrement des collectivités pour en finir avec les gaspillages d’argent, de temps et d’énergie. Avec un objectif : un meilleur service aux citoyens sur tout le territoire.La centralisation rend l’état aveugle et impuissant mais le labyrinthe de l’actuelle décentralisation, personne ne s’y reconnaît plus ! Aucun citoyen n’est capable de reconnaître ses élus et leurs vraies responsabilités ! Il faut faire des choix. Il faut un rapprochement des conseils généraux et des conseils régionaux dans une seule collectivité locale, avec les mêmes élus. Les mêmes élus administreraient les départements et les régions au lieu de l’empilement, des incohérences et des mises en concurrence. D’abord on fera des économies ; ensuite, par une fédération des efforts, les citoyens y verront plus clair et auront un véritable interlocuteur en matière d’aménagement du territoire. Il faut l’élection du président de région au suffrage universel. Les régions, qui fédéreront les départements, auront la plénitude des pouvoirs d’aménagement du territoire, d’équipement du territoire, d’équipement et de solidarité ; l’état assumera une redistribution pour équilibrer les ressources des régions. En revanche, je suis défavorable à la régionalisation de l’éducation nationale : la déconcentration des moyens est déjà effective dans ce domaine, et les présidents de conseils régionaux n’ont aucune légitimité pour mener la politique de l’éducation nationale. Avec un territoire français à 90 %  couvert par l’intercommunalité, des compétences transférées de plus en plus importantes, la question du mode  de représentation des élus communautaires et donc leur légitimité est posée comme est posée celle de l’élection des délégués communautaires au suffrage universel. Les communes, fédérées en intercommunalités auront  la plénitude des pouvoirs de proximité, y compris une autorité en matière de sécurité. Je suis un défenseur des 36 000 communes ! Les maires sont en première ligne dans le combat contre la décomposition de la société française.

 

 

 

« Rendre à l’Assemblée nationale son rôle et sa responsabilité, cela passe par l’interdiction du cumul. »

 « Je veux restaurer dans notre pays la démocratie de représentation. Cela signifie que le Parlement soit respecté et fasse son travail, que les parlementaires participent aux débats du Parlement.  Nous ne pouvons plus continuer avec des parlementaires absents ! Nous ne pouvons plus continuer à délibérer avec 1 ou 2 % de la représentation nationale. La République nouvelle doit adopter le principe du mandat unique pour les députés. Et les députés doivent en avoir les moyens, en termes de statut et de collaborateurs - ce qui impose qu'il y ait moins de députés.  J’ai été président de Conseil général en même temps que député, et même ministre, pendant presque dix ans. C’était exténuant, mais intéressant ! Et les Mitterrand, Chaban, Lecanuet, ont été de grands cumulards ! Le temps acceptait que le patron surveille de loin, se contentant de choisir ses collaborateurs, et arrêtant seulement les grandes options, un ou deux jours par semaine.  Nous sommes entrés dans des temps plus exigeants. Le cumul empêche de s’investir calmement dans une tâche, de prendre les repères, les habitudes et les marques du débatteur et du législateur.  Je propose deux décisions drastiques, qui sont déjà la règle au Parlement Européen.   1) si l'on n'est pas là, on ne vote pas : pas de délégation de vote.   2) si l'on n'est pas là, on n'est pas payé.   Et il y a une Assemblée de notre Parlement qui doit comprendre des élus locaux, de grands responsables d’exécutif : c’est le Sénat. La République a besoin que la voix de ses collectivités locales soit représentée dans la délibération des lois et participe au contrôle du gouvernement. Le Sénat est le lieu naturel du dialogue entre les responsables des grands exécutifs locaux et les gouvernants nationaux. »

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